Nutrition

Pâques : chocolat ou tablettes ?

Pâques !

Les cloches sonnent, les œufs, poules et lapins en chocolats sont cachés partout et les patisseries débordent de statues comestibles de toutes formes et couleurs. Sucre et cacao à tous les étages !

Avant le carré, le carême !

Rappellons que Pâques, dans la tradition catholique, signait la fin du carême, période de jeûne et d’abstinence prolongé (40 jours quand même, ça rigolait pas !) .

Il est remarquable que toutes les grandes religions monothéistes incluent un jêune de longue durée dans leurs rituels … Si le sujet vous intéresse, nous avons un post sur le sujet qui répondra à pas mal de vos questions. Il y a une certaine logique à faire bombance après s’être serré la ceinture pendant plus d’un mois !

Mais revenons à l’objet nutritionnel du week-end … le cho-co-lat.

Aaah, la tentation, un carré, puis deux, puis … ah zut, il n’y avait que 10 carrés dans cette tablette ?

Il était une fois, chez les Mayas …

A l’origine, le chocolat (« xocolatl » en Maya) n’était pas une douceur, mais tout le contraire : un aliment qui vient des dieux, pour les dignitaires et les soldats, un truc de macho ! Fabriquée à partir de la fève, fermentée ou torréfiée, du cacao (en Maya « Cacahuaquchtl”), la boisson obtenue, fortement énergétique, additionnée de piment, de mais, ou de miel, donnait de la force et du courage avant d’aller au combat!

 

Il en reste trace dans quelques réelles recettes mexicaines, comme le « mole poblano », un poulet au chocolat et au piment. Intéressant mais un peu étrange pour nos palais occidentaux.

Chocolat pour tous !

Ramené en Europe par les conquistadors au 16ème siècle, il reste un produit élitiste jusqu’à ce que Van Houten trouve un procédé industriel pour le réduire en poudre et Cailler (marque suisse qui existe toujours !) fabrique la première tablette, entre 1820 et 1840.

La démocratisation du produit amène l’addition de sucre, de lait et autres adjuvants qui en a fait une gourmandise de dessert, et un ingrédient indispensable dans de nombreuses pâtisseries.

 

Biochimie chocolatée …

On peut imaginer que si les Aztèques trouvaient que la boisson était stimulante, c’est pas parce qu’ils avaient vu à la télé une pub Ovomaltine !

Enfilons notre blouse de biochimiste, qu’est-ce qu’on trouve ? Une des molécules qui compose le cacao, la théobromine, est également présente dans la noix de cola, le thé, le guarana, et le yerba mate. Tiens donc ! que des stimulants ! Et l’organisme la dégrade, entre autres, en cafféine (en fait les deux molécules sont très proches).

En plus, cette molécule a une fonction « bien-être » et est considérée comme un anti-dépresseur léger.

C’est sans doute pour ça que nous sommes nombreux à attaquer férocement une tablette de chocolat après une journée pourrie !

Il y beaucoup d’autres ingrédients intéressants dans le cacao : du fer, du chrome, du magnesium, des flavonoides, des polyphénols (anti-oxydants naturels) et … de l’anandamide (à vos souhaits) un neurotransmetteur qui a lui aussi un effet bien-être (d’ailleurs son surnom c’est neurotransmetteur cannabinoide endogène, c’est tout dire !).

De la à essayer de fumer votre tablette de chocolat, il y a un pas que nous vous déconseillons fortement de franchir !

Et les lipides alors ?

100 grammes de cacao (j’ai pas dit chocolat, attention) apportent 228 calories, avec :
– 14 grammes de lipides
– 20 grammes de protéines
– 58 grammes de glucides dont plus de la moitié sont des fibres, donc 25 grammes en réalité.
C’est donc un profil nutritionnel intéressant et moyennement calorique, et donc pas un aliment qui va intrinsèquement faire grossir, étant donné qu’il contient assez peu de glucides, des fibres et d’autres macro-nutriments qui contribuent à lisser la montée de la glycémie dans le sang et donc le stockage potentiel.

Mais j’ai parlé de cacao.

Si on regarde une tablette de chocolat au lait (535 calories/100 grammes), c’est plus du tout la même chose :
– 20 grammes de lipides
– 59 grammes de glucides, donc 52 de sucre (au revoir les fibres !)
– 8 grammes de protéines.
Dois-je rajouter que le magnésium et autres micro-nutriments ont disparu ? Non, vous vous en doutiez, j’en suis sûr. Et là on est en plein dans la catégorie « bombe à stockage », avec la présence simultanée de sucres simples (qui font grimper la glycémie en flèche) et de gras.

Cloches ou tablettes ?

Donc les chocolats de Pâques … à moins d’avoir fait carême avant, il faut peut-être mieux y aller mollo si on ne veut pas ressembler à des cloches.

Nous recommanderons donc le chocolat le plus noir possible, dont le profil va se rapprocher de celui du cacao. Un 99% noir pèse 570 calories (il n’y a plus de fibres), 50 grammes de lipides, 8 grammes de glucides, et 13 grammes de protéines (oui je sais le total ne fait pas 100, c’est parce qu’il y a de l’eau aussi dedans !). Bon, 99%, c’est spécial quand même et ça nécessite une éducation du palais, mais avec un verre de bon vin rouge, c’est top !

Mais pour ceux et celles qui sont accros au chocolat au lait, on a trouvé une bonne excuse : la boisson est un excellent aliment post- exercice, car le ratio glucides / protides est exactement celui qu’il faut pour la récup (1 protéine / 3 glucides). C’est pas très viril de boire un Cacolac quand on est entouré de gros balèzes nourris à la whey, mais ça a l’air de fonctionner.

Le conseil LSee

Lundi de Pâques, vous faites une grosse séance de Crossfit ou une sortie longue et après vous récupérez les œufs et la poule dans le jardin, vous faites fondre dans du lait, et vous buvez.

Enfin c’est juste une idée 🙂