Nutrition, Science, Sport

Etudes scientifiques et perte de poids : pourquoi vous ne devez pas tout croire 

Chaque année de nouveaux aliments miracles ou programmes d’entrainement révolutionnaires apparaissent autour de la perte de poids. A en croire leurs auteurs, tous sont soutenus par des publications scientifiques plus ou moins nombreuses.white

Alors pourquoi ne fonctionnent-ils pas sur vous ?

Beaucoup d’études scientifiques s’intéressent aux effets de différents principes actifs sur nos cellules adipeuses (celles que nous détestons puisque qu’elles permettent de stocker les lipides). Alors que disent ces études exactement ? Comment faut il les lire et quelles sont les précautions à prendre pour ne pas faire de raccourcis ?

 

1- Ces études sont (souvent) réalisées in vitro ou sur des animaux

Nous ne sommes pas des souris, et encore moins des cellules dans une boite de Petri. Beaucoup d’études ont été réalisées sur des cellules, des souris, des rats ou des lapins. C’est logique, on commence toujours par tester sur des cellules, puis sur des petits animaux, puis des plus gros, et ensuite seulement arrivent les essais cliniques sur les humains.

Bien que la physiologie humaine se rapproche de celle de certains animaux, il est évident que nous ne fonctionnons pas toujours tout à fait pareil.

En plus les conditions de vie des animaux en captivité à des fins d’essais cliniques n’ont rien à avoir à leur fonctionnement en liberté, et encore moins avec le notre !

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Etude de cas : les anti-oxydants !

Vous avez tous entendus parler des effets délétères des radicaux libres, méchantes molécules oxygénées avides d’électrons (oxydants) qui, échappées des mitochondries, débarquent dans les cellules comme des boules de flipper en folie et détruisent tout sur leur passage. Le problème, c’est que toutes les mitochondries ont des « fuites » :  dès qu’on produit de l’énergie, on produit des radicaux libres. Dur !

Des tests in vitro on montré que de nombreuses substances étaient « anti-oxydantes », c’est à dire capables de neutraliser ces molécules destructrices, ce qui a donné naissance à une industrie de plusieurs milliards: béta-carotène, vitamine E, vitamine C, baies de goji, jus de grenades, j’en passe et des meilleures. J’en ai pris d’ailleurs, j’avoue. Effet garanti !

Sauf que …  de nouvelles études [1] ont montré récemment que les radicaux libres étaient un signal, perçu par la cellule, qui déclenchait la production d’anti-oxydants naturels (tout comme le jeune, le sport, et tout un tas d’autres activités).

Résultat des courses ? Les anti-oxydants sont plus toxiques que bénéfiques [2] ! Plus on se gave d’anti-oxydants, moins l’organisme, toujours économe, en produit. Et au final : celui qui prend des anti oxydants exogènes … finit avec moins d’anti-oxydants dans ces cellules que celui qui ne prend rien !

Voilà ! Laissez travailler votre organisme et vous allez faire des économies !

 

2- Ces études ciblent un principe actif purifié

Les résultats obtenus in vitro peuvent être séduisants. Mais il faut comprendre qu’ils ont été obtenus par l’utilisation d’un composé actif concentré et purifié, directement sur des cellules. Les principes actifs sont contenus en bien plus faible quantité dans les aliments que nous consommons. Ceux ci subissent la digestion au cours de laquelle seulement une fraction du principe actif passera dans notre sang .Il peut d’ailleurs être complètement détruit par la digestion, c’est pour cela qu’on a inventé … le suppositoire !

En général une partie va être dégradée ou transformée par des enzymes présentes dans notre organisme. La quantité qui arrive jusqu’à nos cellules est donc très faible par rapport à la quantité utilisée dans ces études et cela peut expliquer la différence d’efficacité.

Quand une étude démontre l’effet thermogénique des cétones de framboise sur les souris [3], en leur faisant ingérer 2% de leur masse en cétones quotidiennement: cela représenterait 1,2 kilo pour un humain, et sans doute … quelques tonnes de framboises !!! De nombreuses études vantant les mérites des « super-aliments », comme le curcuma, oublient de mentionner les quantités nécessaires pour avoir le même résultat sur un humain qu’en laboratoire …

 

3- Ces études sont réalisées sur des populations définies

Certaines études sont évidemment réalisées chez l’homme et non sur des cellules ou des animaux… Mais ces études sont calibrées sur une population définie et les résultats peuvent varier en fonction de la population choisie (âge, sexe, poids, pathologie etc). Or l’homme « moyen » n’existe pas… Difficile donc d’étendre ces résultats à l’ensemble de la population. Ce qui fonctionnera sur un obèse sédentaire insulino-résistant n’aura sans doute pas le même effet sur le triathlète kéto-adapted !

 

4- Ces études sont calibrées selon un protocole rigoureux et établi

L’environnement et les conditions de l’étude sont définis par avance et constituent des paramètres importants. En effet, les résultats diffèrent en fonction du composé, du mode d’administration et de la dose utilisée. Difficile de reproduire ces conditions dans votre vie quotidienne.

En d’autres termes, l’effet d’un principe actif (ou d’un exercice), quel qu’il soit, est réel dans les conditions de l’étude mais les résultats obtenus sur une population définie ne s’appliquent pas nécessairement dans votre cas particulier. Nous sommes tous différents et la réaction du corps à une certaine alimentation varie d’un individu à l’autre. Il existe des facteurs internes (génétique, hormones, pathologie…) ainsi que des facteurs externes (régime alimentaire, activité physique, stress…) qui vous conduiront à stocker un aliment sous forme de graisse ou à l’utiliser pour fournir de l’énergie à vos cellules.

Apprenez à vous connaître afin d’adapter au mieux votre alimentation !

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Philippe [point] Delanghe [at] lsee [point] com
Directeur du Marketing

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